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Concours de la Résistance 2017 : négation de l'Homme dans l'univers concentrationnaire nazi

L'extrait sonore

La négation de l'Homme dans l'univers concentrationnaire nazi - Compilation des extraits
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Compilation d'extraits sonores sur la négation de l'Homme dans l'univers concentrationnaire nazi.
  • Témoin(s) :
    Chouet René En savoir plus

    René Chouet est né en 1924 dans une famille ouvrière de Périgueux. Apprenti plâtrier à la fin des années 1930, il joue au football dans un club sportif de Périgueux. La défaite française de 1940 et les compromissions du régime de Vichy font naître en lui un esprit de résistance et une conscience politique. En compagnie de jeunes gens il proteste spontanément et marque son désaccord contre l'occupation et la politique de collaboration. Il décide de se soustraire aux Chantiers de jeunesse et de rejoindre les maquis. Imprudent, il est arrêté en février 1944. Interrogé par la Gestapo il est transféré à Limoges, puis Compiègne et enfin Mauthausen. Intégré à l'organisation clandestine du camp, il participe à des opérations de sauvetage et de résistance. En mai 1945 le camp est libéré, et il adhère au parti communiste. De retour en Dordogne il s'engage dan la vie politique.

    Colin Yves En savoir plus

    Yves Colin est né en 1922, et était lycéen à la déclaration de guerre en 1939. Engagé dans l'armée française en 1940, il est mis en congés d'armistice en 1942. Requis par le Service du travail obligatoire (STO) en 1943, il cherche à s'y soustraire et entre en contact avec Marc Goldman (Mireille). Il rejoint un groupe de réfractaire et en septembre 1943 entre au maquis de Durestal (Cendrieux). Il suit une formation à l'école des cadres de Pelvézy (Saint-Geniès) avant d'être arrêté lors d'un combat en décembre 1943. Condamné à cinq ans de prison, il est transféré à la centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où il participe au soulèvement de février 1944. Fin mai 1944 il est déporté à Dachau (Allemagne). Il revient à Périgueux en juin 1945.

    Debrouwer Geneviève En savoir plus

    Geneviève Debrouwer est née en 1924 à Babica en Pologne (région de Cracovie). Son père, qui travaillait dans les mines de charbon, s’installa en France en 1923 à Sallaumines (Pas-de-Calais). Sa mère le rejoignit alors qu’elle venait de naître, puis la famille s’installa à Marcq-en-Barœul (Nord) car son père, atteint de silicose, ne pouvait plus travailler dans les mines de charbon. À l’âge de seize ans, elle travaillait dans une filature aux conditions de travail difficiles. En 1941 elle participe à une grande grève déclenchée par les syndicats du nord. Durant l’occupation, son père s’engagea dans la Résistance, avec les Francs-tireurs et partisans français de la main d’œuvre immigrée (FTP-MOI). En 1942, elle rejoint ce groupe de Résistance et a pour mission d’obtenir des renseignements. Également agent de liaison, elle transportait fréquemment des messages. Le 16 janvier 1943, elle et son père sont arrêtés par la Gestapo. Emprisonnée à Loos-lez-Lille (Nord), puis à Arras (Pas-de-Calais), elle est jugée avec son père. Condamnée à deux ans de travaux forcés, elle est déportée à Ravensbrück (Allemagne). Son père, quant à lui, est condamné à trois ans de travaux forcés et déporté à Siegburg. À Ravensbrück, elle est affectée au travail forcé dans différents kommandos de l’industrie textile. Elle s’évade et prend la fuite pendant quatre jours. Arrêtée, elle subit les pires traitements. À la libération de son kommando par les Soviétiques, elle regagne la France. Hospitalisée à Lille puis à Berck-sur-mer (Pas-de-Calais), elle y fait la rencontre son futur époux, Marcel Debrouwer.

    Debrouwer Marcel En savoir plus

    Marcel Debrouwer est né en 1918 à Colombes (Hauts de Seine). Sa famille s'installe à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) où il se rapproche des Jeunesses communistes auxquelles il adhère en 1934. En 1937 il adhère au Parti communiste français et à la déclaration de guerre il est mobilisé dans une unité des transmissions qui se trouve prise au piège à Dunkerque en juin 1940. Évacué vers l'Angleterre, il regagne la France où il est affecté à la surveillance aérienne. Démobilisé en 1941 il rejoint sa famille à Berck et reprend ses activités militantes. Arrêté par la Gestapo, condamné comme individu dangereux, il est emprisonné puis déporté au camp de Vught (Hollande) en octobre 1943. En octobre 1944 il est déporté vers Sachsenhausen-Oranienburg (Allemagne). À la libération du camp en mai 1945 il regagne la France via Berlin. Il s'engage au sein de la fédération des déportés puis reprend son activité politique à Berck, avant de s'installer en Dordogne.

    Delbousquet René En savoir plus

    René Delbousquet est né à Thenon en mai 1922 dans une famille d’agriculteurs. En 1939, âgé de dix-sept ans, il n’est pas mobilisable mais son père est appelé. Après la défaite de 1940, bien que ne possédant pas de radio, il se souvient des discours radiodiffusés du général de Gaulle, commentés dans la commune. René Delbousquet aide ses parents aux travaux de la ferme jusqu’à ce qu’il soit requis pour les Chantiers de jeunesse, de juillet 1942 à février 1943 à Saint-Pé-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Puis en juin 1943 il est requis pour le Service du travail obligatoire (STO). Il refuse de partir et entre dans la clandestinité : il se retire dans une ferme de Marquay, puis revient chez ses parents en août 1943 où il se cache. Début septembre 1943 il obtient un contact et se rend à Lalinde, à l’hôtel Gauville. Il est conduit à Sainte-Alvère et entre au maquis de Marc Goldman (dit Mireille) à Durestal (commune de Cendrieux), où il rencontre Yves Colin. Le 3 novembre 1943, il est arrêté avec les hommes de Mireille par les Groupes mobiles de réserve (GMR) au Maine-du-Puy (commune de Saint-Vincent-de-Connezac). Emprisonné à Périgueux, il est jugé à Limoges. Condamné, il est transféré en février 1944 à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne), puis participe au soulèvement, qui sera un échec. Le 30 mai 1944 il est déplacé à Compiègne et en juin 1944 il est déporté à Dachau, puis à Landsberg. Le 30 avril 1945 les déportés sont libérés par les troupes américaines. Il séjourne dans un centre de transit de la région du lac de Constance, avant de rejoindre la France par voie ferroviaire. Il choisit de quitter le convoi pour se diriger vers Lyon et regagner Thenon où il arrive en juin 1945.

    Dogneton Camille En savoir plus

    Camile Dogneton est né en 1922 à Saint-Saud-Lacoussière (canton de Saint-Pardoux-la-Rivière) dans une famille d'agriculteurs. Il poursuit sa scolarité à Nontron où sa mère s'est installée après le décès de son père. En 1936 il est apprenti ajusteur à la fonderie de Ruelle-sur-Touvre (Charente) où il rencontre le monde ouvrier et observe la montée du fascisme en Europe. Après la défaite de 1940, il quitte la fonderie (en zone occupée) et aide aux travaux de la ferme à Nontron. En 1942, il distribue des tracts avec un ami, puis entre dans la clandestinité en mai 1943 pour échapper au Service du travail obligatoire (STO). En septembre 1943 il rejoint le maquis de Durestal (Cendrieux) puis est arrêté au mois de novembre dans la région de Saint-Vincent-de-Connezac en compagnie de ses camarades. Transféré à la centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne), il participe au soulèvement de février 1944 avant d'être déporté à Dachau (Allemagne). Libéré au printemps 1945, il rejoint Nontron puis reprend son activité à la fonderie de Ruelle-sur-Touvre.

    Garcia Vincent En savoir plus

    Vincent Garcia est né en 1925 à Pola de Siero (Espagne) dans une famille ouvrière comptant dix enfants. Son père, militant de gauche, participe activement au soutien à la République espagnole dès 1936. L'un de ses frères s'engage aux côtés des républicains et son père est arrêté en janvier 1938 puis exécuté. Évacuée vers Barcelone en 1937, sa famille quitte l'Espagne en février 1939. Il arrive seul en France puis rejoint une partie de sa famille réfugiée en Dordogne. Il se rapproche des groupes de Résistants des Francs-tireurs et partisans (FTPF) de la région de Cadouin. Arrêté en décembre 1943, il est interrogé par la Gestapo, puis transféré à Buchenwald (Allemagne) en janvier 1944. Désigné pour travailler à la cuisine, il est intégré à l'organisation clandestine du camp. À la libération de Buchenwald en avril 1945, il regagne la Dordogne où il retrouve une partie de sa famille. En Espagne, son frère engagé auprès des Républicains a disparu, sa sœur et un autre de ses frères ont été emprisonnés.

    Hassan Roger En savoir plus

    Roger Hassan est né en 1923 dans une famille juive algérienne arrivée en France en 1925. À Neuilly-sur-Marne à la déclaration de guerre en 1939, il s'installe à Périgueux avant de s'engager dans la Résistance des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il est chargé du transport des armes et des parachutages. Arrêté en février 1944, il est déporté à Mauthausen via Compiègne.

  • Description :

    Témoignages de déportés sur la négation de l'humanité dans les camps nazis. Durée : 1 h 8 min 50 s

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    Témoignages de déportés sur la négation de l'humanité dans les camps de concentration et d'extermination nazis. Les témoins parlent des convois de déportation, de la violence dès l'arrivée dans les camps, du travail, de la nourriture, des maladies, des punitions et de la violence quotidienne mais aussi des organisations clandestines.

    Écouter et consulter aussi :

    L'évacuation des camps

    Le retour des déportés et l'indicible

    Libération des camps et retour des déportés

  • Sujet(s) :
    Camp d'internement, Clandestinité, Comité des intérêts français, Déporté
  • Lieu(x) :
    Allach-Untermenzing, camp de concentration (Allemagne), Allemagne, Buchenwald, camp de concentration (Allemagne), Dachau, camp de concentration (Allemagne), Landsberg, camp de concentration (Allemagne), Mauthausen, camp de concentration (Autriche), Ravensbrück, camp de concentration (Allemagne), Sachsenhausen-Oranienburg, camp de concentration (Allemagne), Vught (Hollande)
  • Personne(s) citée(s) :
    Manhès Henri, Paul Marcel

Photos

Toutes les pistes audio de l'extrait sonore

  • Convoi vers Mauthausen - René Chouet
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    René Chouet décrit les conditions de transport des déportés du camp de Compiègne vers le camp de Mauthausen, durant trois jours et deux nuits. Après une évasion, les déportés sont déshabillés et entassés nus à raison de 110 personnes par wagon.
  • Convoi vers Dachau - Yves Colin
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    Yves Colin décrit les conditions de transport de Compiègne vers le camp de Dachau, durant lequel les déportés souffrent de la soif et de la chaleur.
  • Arrivée à Vught - Marcel Debrouwer
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    Marcel Debrouwer parle de son arrivée au camp de Vught (Hollande), et de la découverte de l'univers concentrationnaire. Il décrit le trajet à pied de la gare au camp durant lequel des déportés épuisés sont abattus. Il explique le processus de déshumanisation qui débute dès l'arrivée au camp : la tonte puis la douche avant l'attribution des vêtements de déportés. Il évoque également le matricule, numéro attribué aux déportés dès leur arrivée : leur nom disparaît et ils deviennent un numéro qu'ils doivent connaître en allemand.
  • Arrivée à Buchenwald - Vincent Garcia
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    Vincent Garcia décrit l'arrivée des déportés à Buchenwald. Il parle des chiens qui encadrent les déportés puis du processus de déshumanisation : la mise à nu, la tonte, le lavage, la tenue de déporté et le numéro de matricule.
  • Arrivée à Mauthausen - René Chouet
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    René Chouet parle de son arrivée à Mathausen le 9 avril 1944 : les déportés sont mis à nu, puis douchés et tondus entièrement. Il évoque la violence de la tonte. Puis il parle de la terreur et de la violence dans les blocs, ainsi que des trafics entre déportés qu'il constate dès son arrivée. René Chouet parle du numéro de matricule qui prive les déportés de leur personne et de leur humanité.
  • Travail pour l'industrie de guerre à Rathenau - Marcel Debrouwer
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    Après avoir été transféré de Vught à Sachsenhausen-Oranienburg, Marcel Debrouwer est envoyé au camp annexe de Rathenau. Il travaille dans une usine de fabrication d'ailes d'avions, aux conditions très dures.
  • Travail dans les kommandos de Buchenwald - Vincent Garcia
    En savoir plus
    Vincent Garcia parle des conditions de travail dans les kommandos de Buchenwald, où les déportés sont épuisés jusqu'à la mort. Il évoque les organisations clandestines de déportés et le sabotage dans les ateliers.
  • Travail et extermination à Ravensbrück - Geneviève Debrouwer
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    Geneviève Debrouwer parle du travail des femmes déportées à Ravensbrück dans les ateliers textiles. Elle explique que les déportés politiques étaient contraints au travail forcé alors que les Juifs étaient destinés à l'extermination immédiate.
  • Extermination - René Delbousquet
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    À Dachau, René Delbousquet qui est incorporé dans un kommando à Landsberg, prend conscience de la finalité du camp : l'extermination.
  • Travail et servitude au camp de Vught - Marcel Debrouwer
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    Marcel Debrouwer parle du numéro de matricule avec lequel les déportés sont appelés. Il décrit également le travail au camp de Vught (Hollande), et la malveillance des chefs de blocs à laquelle les déportés sont soumis.
  • Nourriture et travail dans un kommando de Dachau - Camille Dogneton
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    Camille Dogneton explique que les déportés sont triés : les plus faibles sont destinés à la mort et les autres sont soumis au travail forcé. Il est transféré au camp d'Allach et travaille pour l'industrie de guerre allemande, dans une usine BMW. Il décrit la nourriture extrêmement pauvre, faite essentiellement d'épluchures.
  • Nourriture et chapardages à Buchenwald - Vincent Garcia
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    Vincent Garcia décrit son travail à la cuisine et des possibilités de chapardages, malgré la surveillance.
  • Nourriture et expédients dans un kommando de Dachau - Yves Colin
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    Yves Colin décrit une pratique des déportés dans le kommando de Landsberg : à midi les déportés rêvent de ce qu'ils pourraient manger. Ces derniers prennent l'habitude de décrire des recettes de leur région pour échapper à la faim.
  • Nourriture à Sachsenhausen-Oranienburg - Marcel Debrouwer
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    Marcel Debrouwer parle des faibles rations et des repas du soir. Il explique que parfois des ersatz de saucissons sont distribués.
  • Maladie et organisation clandestine à Mauthausen - René Chouet
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    René Chouet parle des maladies à Mauthausen, en particulier des dysenteries. Il explique que l'organisation clandestine l'avait désigné pour empêcher les déportés de boire l'eau infectée des toilettes.
  • Revier à Mauthausen - Roger Hassan
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    Roger Hassan, malade à son arrivée à Mauthausen, explique qu'un déporté l'a protégé en l'envoyant au revier (bloc des déportés malades ou blessés). Sans cette intervention, il était destiné à la mort.
  • Appels des déportés à Vught - Marcel Debrouwer
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    Marcel Debrouwer parle de la violence des appels au camp de Vught, dès six heures du matin. Les déportés, qui ne sont plus que des stücks (des morceaux), subissent des appels interminables après la journée de travail.
  • Évasion et punition - Geneviève Debrouwer
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    Geneviève Debrouwer fait le récit de sa tentative d'évasion en compagnie de deux déportées. Après quatre jours les déportées sont reprises et punies de manière inhumaine. Après cela, Geneviève Debrouwer subit une expérimentation médicale.
  • Tabassages et kapos - Roger Hassan
    En savoir plus
    Roger Hassan parle de déportés tabassés par un kapo. Puis il explique comment ce kapo, lui même tabassé par les nazis, était un déporté politique autrichien en camp depuis 1938.
  • Asservissement des déportés - Marcel Debrouwer
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    Marcel Debrouwer décrit comment un gardien du camp l'a contraint à se déplacer accroupi sous la menace d'une arme. Il décrit également comment les nazis obtenaient des jours de repos en abattant des déportés qu'ils contraignaient à simuler une évasion.
  • Organisation clandestine à Buchenwald - Vincent Garcia
    En savoir plus
    Vincent Garcia parle de l'organisation clandestine de résistance du camp de Buchenwald formée par Marcel Paul et le colonel Manhès.
  • Organisation clandestine à Mauthausen - René Chouet
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    René Chouet parle de l'organisation clandestine à Mauthausen, composée de comités nationaux et internationaux. Cette organisation clandestine met en œuvre la solidarité matérielle mais aussi elle maintient la dignité des déportés afin de lutter contre la politique de déshumanisation conduite par les nazis. René Chouet explique que l’organisation a également maintenu l'espoir de la libération et de l'édification d'une société meilleure, ce qui lui a permis de se maintenir en vie.
  • Esclavage - Roger Hassan
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    Roger Hassan mène une réflexion sur la condition d'esclave des déportés.