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L'extrait sonore

Sabotage à Tuilières - Compilation des extraits
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Compilation des extraits sonores sur le sabotage de l'usine de production électrique de Tuilières (Saint-Capraise-de-Lalinde) par les Francs-tireurs et partisans (FTPF) du groupe Ricco, le 12 février 1944.
  • Témoin(s) :
    Terrioux Gaston En savoir plus

    Gaston Terrioux est né en septembre 1922 à Gumond en Corrèze (canton de La Roche-Canillac). Son père, cultivateur et ouvrier du bâtiment, était un ancien combattant de la Première guerre mondiale. Gaston Terrioux a vécu la crise économique des années 1930 qui a plongé la paysannerie dans la misère, puis l’arrivée du Front populaire en 1936. Il a adhéré aux Jeunesses communistes cette même année, et a participé à la campagne électorale qui vit l’élection de cinq députés de gauche en Corrèze. Pendant la Guerre d’Espagne sa famille a apporté son soutien aux réfugiés Espagnols. Son père décède en 1938, année des accords de Munich de 1938.
    Lors de la débâcle de l’Armée française en 1940, il se souvient du repli des militaires et de leur passage à Gumond ainsi que des réfugiés, désemparés. Il est en désaccord avec le maréchal Pétain, mais en 1940 le Parti communiste est dissous : les activités politiques de Gaston Terrioux sont suspendues. Il refuse d’être incorporé aux Chantiers de jeunesse et s’engage dans l’Armée d’armistice, au 405e RAD CA (défense aérienne) à Tulle. Cette période de douze mois de service lui est profitable : il suit un entraînement militaire et une formation à la manipulation des armes et explosifs. À la dissolution de l’Armée d’armistice en novembre 1942, il rejoint la ferme familiale. Début 1943 il reprend contact avec le Parti communiste. Les militants clandestins s’organisent pour mener des actions de propagande : Gaston Terrioux distribue des tracts et pose des affiches la nuit. En mars 1943, il est convoqué à la visite médicale du Service du travail obligatoire (STO) : déclaré apte, il décide de s’y soustraire. De résistant légal, il passe à la clandestinité : en juin 1943 il rejoint le détachement Guy Môquet des Francs-tireurs et partisans (FTPF). Ce détachement, numériquement élevé, se scinde en deux groupes : le premier qui est dirigé par Roger Ranoux prend la direction de Gimel (canton de Tulle), et le second prend la direction d’Eyrein (canton de Corrèze) sous les ordres de Gaston Terrioux (dit Rougeot). Puis ce dernier se porte volontaire pour suivre une formation dans une école de cadres en Dordogne, à Fanlac (canton de Montignac) au mois d’octobre 1943. Major de sa promotion, il est destiné à l’encadrement en Creuse, mais il est  finalement retenu pour devenir responsable militaire FTPF pour le secteur Dordogne nord. Il a alors vingt-et-un an. Parmi les actions menées dans son secteur on relève notamment les sabotages successifs de la grue des ateliers SNCF de Périgueux (décembre 1943), le sabotage de la centrale électrique de Tuilières (février 1944), la contre-attaque du Pont-Laveyrat en février 1944 (Beyssenac, Corrèze).
    Début 1944 il échappe à une opération d’arrestations menée par l’Occupant à Périgueux. Mais il est repéré : il rejoint la Haute-Vienne fin mars 1944 où il a pour mission d’assurer l’organisation et la cohésion des multiples camps de maquis. Au mois de juin 1944, il se trouve dans la région d’Oradour-sur-Glane : ce n’est que le lendemain matin qu’il apprend le massacre et prend la décision de conduire un groupe en reconnaissance le soir même. Il en garde un souvenir douloureux. Gaston Terrioux qui dirige le sous-secteur B (sud de la Haute-Vienne) est désigné pour rencontrer Georges Guingouin afin de rétablir les contacts. Il participe à la libération de Limoges, puis il est désigné pour suivre l’école d’officier à Magnac-Laval (Haute-Vienne) durant l’hiver 1944-1945. Au grade de sous-lieutenant de l’Armée d’active, il est choisi comme instructeur. Appelé pour le conflit en Indochine, il démissionne au mois d’octobre 1945, par conviction. Il retourne à la vie civile et devient conducteur d’engins puis d’autocar, jusqu’à sa retraite.

  • Description :

    Récit du sabotage de l'usine de production électrique de Tuilières, le 12 février 1944. Durée : 12 min 32 s.

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    Dans la nuit du 12 février 1944 le groupe FTPF Ricco, sous les ordres de Gaston Terrioux (responsable militaire FTPF Dordogne nord), procédait au sabotage de l'usine de production électrique de Tuilières (Saint-Capraise-de-Lalinde). Cette opération avait été décidée au niveau de l'inter-région FTPF, et organisée simultanément avec le sabotage de l'usine de Mauzac (Mauzac-et-Grand-Castang).
    Dans ces extraits sonores, Gaston Terrioux explique  en détail l'organisation et le déroulement de ce sabotage. Il apporte également des précisions quant aux informations livrées par les rapports de gendarmerie qui ont rendu compte de l'opération.
    Ces documents sont consultables dans le volet des ressources documentaires :

    Sabotage de la production électrique

    Bibliographie :
    Le Bail Sylvain, Les forces de l'ordre sous Vichy. Le G.M.R. (Groupe Mobile de Réserve) du Périgord, Saint-Georges-de-Montclard, Le Chêne vert, 2003.

  • Sujet(s) :
    Francs-tireurs et partisans français (FTPF), Gendarmerie, Ricco, groupe (FTPF), Sabotage
  • Lieu(x) :
    Mauzac-et-Grand-Castang, Salagnac, Tuilières (commune de Saint-Capraise-de-Lalinde)
  • Personne(s) citée(s) :
    Alvarez-Canossa Emilio (dit Pinocchio), Ricco Angelo (dit Rico), Thomas Albert (dit Jacky)

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  • Décision et préparation de l'opération
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    En février 1944 les responsables régionaux FTPF décident du sabotage de l'usine de production électrique de Tuilières. Le chef départemental FTPF Albert Thomas (dit Jacky) confie l'opération à Gaston Terrioux. C'est le groupe FTPF de Ricco à Sarlande qui est choisi, malgré l'éloignement et les difficultés de transport. Une reconnaissance sur le site est organisée par Gaston Terrioux, puis les tâches sont réparties entre Ricco et Pinocchio.
  • Déplacement du groupe de Sarlande à Tuilières
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    Le groupe FTPF Ricco part de Sarlande dans la soirée du 11 février, afin d'être au rendez-vous fixé avec les légaux de la région de Tuilières à 2 heures du matin. Mais un véhicule tombe en panne, puis un accident survient : une Citroën traction-avant quitte la route. Elle est remise en ordre de marche, mais le groupe a perdu du temps.
  • Entrée dans l'enceinte de l'usine
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    Le groupe de sabotage arrive à 4 heures du matin, et le rendez-vous avec les légaux est manqué. Gaston Terrioux ouvre la voie en coupant le grillage d'enceinte de l'usine, tout en en évitant la ronde des gardes. Pendant ce temps, le groupe de Pinocchio maîtrisait les gendarmes qui assuraient la surveillance du site. Le groupe de sabotage pouvait alors pénétrer dans l'enceinte de l'usine.
  • Neutralisation du personnel et sabotage des machines
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    Les bâtiments étant fermés, le groupe Ricco attend un mouvement du personnel. À la sortie d'un technicien, les saboteurs profitent de l'occasion pour entrer et maîtriser le personnel sans difficulté. Une équipe pose les charges explosives sur les turbines pendant qu'une autre sabote les transformateurs. Gaston Terrioux indique la technique de sabotage employée et précise quelles pièces étaient visées afin d'assurer une immobilisation maximum de l'usine.
  • Repli du groupe
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    Après la pose des charges de Plastic, le groupe se replie. Après les explosions, des rafales d'armes automatiques se font entendre : il avait été entendu avec les gendarmes, qui n'avaient pas été désarmés, que ces derniers ouvriraient le feu au départ des saboteurs. L'un des véhicules refuse de se mettre en marche. Il est abandonné, et quelques kilomètres plus loin, une crevaison immobilise une Citroën traction-avant. Le véhicule est abandonné à son tour puis incendié afin qu'il ne soit pas utilisé par l'Occupant. Le groupe utilise les camions restant pour rejoindre Sarlande.
  • Les dégâts occasionnés par le sabotage
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    Gaston Terrioux explique que les charges explosives de Plastic, judicieusement placées, ont provoqué un incendie et gravement endommagé l'usine de Tuilières, immobilisant la production électrique pour de longs mois.
  • Le récit du sabotage confronté aux archives
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    Gaston Terrioux précise que les rapports de gendarmerie qui ont suivi le sabotage doivent être lus avec précaution, et qu'il convient d'exercer un regard critique. En effet, les gendarmes qui avaient la charge de la surveillance de l'usine de Tuilières, avec lesquels un accord avait été passé, ont amplifié les faits afin de se protéger face à leur hiérarchie.

    Pour en savoir plus :
    Lire le rapport du capitaine de Gendarmerie de Bergerac sur le sabotage de Tuilières et Mauzac, ainsi que le procès-verbal de la brigade de gendarmerie de Lalinde dans le volet des ressources documentaires (Sabotage de la production électrique).