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Vivre au maquis de Durestal

L'extrait sonore

Vivre au maquis de Durestal - Compilation des extraits
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Compilation des extraits sonores sur le maquis de Durestal, du choix du site et de la vie quotidienne, jusqu'à son évacuation en octobre 1943.
  • Témoin(s) :
    Colin Yves En savoir plus

    Yves Colin est né en 1922, et était lycéen à la déclaration de guerre en 1939. Engagé dans l'armée française en 1940, il est mis en congés d'armistice en 1942. Requis par le Service du travail obligatoire (STO) en 1943, il cherche à s'y soustraire et entre en contact avec Marc Goldman (Mireille). Il rejoint un groupe de réfractaire et en septembre 1943 entre au maquis de Durestal (Cendrieux). Il suit une formation à l'école des cadres de Pelvézy (Saint-Geniès) avant d'être arrêté lors d'un combat en décembre 1943. Condamné à cinq ans de prison, il est transféré à la centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où il participe au soulèvement de février 1944. Fin mai 1944 il est déporté à Dachau (Allemagne). Il revient à Périgueux en juin 1945.

    Demay Fernand En savoir plus

    Fernand Demay est né en 1924 à Sainte-Foy-de-Longas dans une famille d'agriculteurs. Écolier lors de la déclaration de guerre, il remplace son père aux travaux de la ferme lorsque ce dernier est mobilisé. Il voit la Résistance se former et s'organiser dès 1942. Il devient agent de liaison du groupe Marchandou de l'Armée secrète (AS) en 1943. Il participe à l'organisation de parachutages puis passe au maquis AS Cerisier et est pris dans un combat à Pressignac-Vicq en juin 1944. Après la libération du département il est dirigé sur le front de l'Atlantique avant d'être démobilisé en février 1945.

    Dogneton Camille En savoir plus

    Camile Dogneton est né en 1922 à Saint-Saud-Lacoussière (canton de Saint-Pardoux-la-Rivière) dans une famille d'agriculteurs. Il poursuit sa scolarité à Nontron où sa mère s'est installée après le décès de son père. En 1936 il est apprenti ajusteur à la fonderie de Ruelle-sur-Touvre (Charente) où il rencontre le monde ouvrier et observe la montée du fascisme en Europe. Après la défaite de 1940, il quitte la fonderie (en zone occupée) et aide aux travaux de la ferme à Nontron. En 1942, il distribue des tracts avec un ami, puis entre dans la clandestinité en mai 1943 pour échapper au Service du travail obligatoire (STO). En septembre 1943 il rejoint le maquis de Durestal (Cendrieux) puis est arrêté au mois de novembre dans la région de Saint-Vincent-de-Connezac en compagnie de ses camarades. Transféré à la centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne), il participe au soulèvement de février 1944 avant d'être déporté à Dachau (Allemagne). Libéré au printemps 1945, il rejoint Nontron puis reprend son activité à la fonderie de Ruelle-sur-Touvre.

    Seret-Mangold Jean-Paul En savoir plus

    Jean-Paul Seret-Mangold est né en 1924 à Strasbourg. Comme de nombreux réfugiés alsaciens il est évacué en 1940 à Périgueux, où il rejoint l'Organisation de la résistance de l'armée (ORA). En 1942 il devient agent de liaison de l'Armée secrète, dont Charles Mangold, son père, est l'un des responsables en Dordogne. Plus tard, il rejoint le groupe d'Ancel (Diener) qui intègrera la brigade indépendante Alsace-lorraine. Il participe aux combats de Bois-le-Prince (Vosges) et à la libération de Strasbourg avant d'être démobilisé.

  • Description :

    Quotidien et organisation d'un maquis en forêt de Durestal (Cendrieux). Durée : 9 min 27 s.

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    Grâce à une position géographique avantageuse le maquis de Durestal, commune de Cendrieux, a été occupé à plusieurs époques par différents groupes de Résistance, avant d'être démantelé à la fin de l'année 1943, puis réoccupé en 1944.

    Le site de Durestal est occupé pour la première fois par la Résistance au mois de juillet 1943 par le maquis de Mojzesz Goldman, dit « Mireille », l'un des premiers chefs de l'Armée Secrète (AS) en Dordogne. Jeune juif polonais, Goldman a quitté Varsovie pour la France en 1931 où il s'inscrit à l'université de Médecine de Reims. Engagé volontaire dans l'armée française, il est démobilisé en 1940 et rejoint sa famille en Dordogne, contrainte de rejoindre la zone libre. Dans la région de Lalinde où la famille réside, Mojzesz devenu Marc Goldman prend contact en 1942 avec les premiers groupes de résistants.  Les maquis de l'Armée Secrète se constituent quant à eux au printemps de l'année 1943, sous la direction de Marc Goldman.
    Dans la région de Sainte-Alvère, Goldman confie à Jacques Bramson l'organisation d'un maquis. Pour cela, il se met en relation avec Pierre Larrue, instituteur à la retraite. Natif de Paunat, non loin de Sainte Alvère, Pierre Larrue est un chasseur de sanglier qui connaît parfaitement la forêt environnante. C'est sur ses indications que le site de Durestal est désigné en raison de ses qualités stratégiques : la forte couverture végétale, le relief vallonné, l'isolement du site, et les possibilités de surveillance et  de repli président au choix d'une occupation sûre. Au mois de juillet 1943, le maquis des Sangliers s'installe à Durestal.
    Au mois d'octobre 1943, une lettre de dénonciation indique aux autorités l'emplacement du camp. Le 20 octobre, les Groupes Mobiles de Réserves (GMR) sont dans la région de Sainte-Alvère pour une double opération de répression : à l'école des cadres de Cendrieux et au maquis de Durestal. L'opération de Cendrieux ayant porté ses fruits (des hommes sont arrêtés et des documents saisis), les GMR redoutent d'engager une bataille à Durestal où les maquisards disposent d'effectifs conséquents. Après cette opération, Durestal est moins sûr et une partie des maquisards doit être évacué.
    « Mireille » est arrêté quant à lui à Périgueux le 30 octobre 1943 : interrogé, transféré à la prison de Fresnes, puis torturé par la Gestapo avant d'être déporté à Auschwitz puis Buchenwald, il revient en France en mai 1945.
    Au mois de mai 1944, le camp de Durestal est à nouveau utilisé par le groupe Ancel.

    Consulter aussi :

    Durestal, un maquis brisé

  • Sujet(s) :
    Arrestation, Maquis, Population rurale, Vie quotidienne
  • Lieu(x) :
    Durestal (commune de Cendrieux)

Toutes les pistes audio de l'extrait sonore

  • Le choix du site - Fernand Demay
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    Fernand Demay explique les raisons qui présidèrent au choix du site de Durestal, sous l'impulsion de l'instituteur et chasseur Pierre Larrue. Fin connaisseur des lieux, il l'a désigné à la Résistance car isolé et irrigué par une fontaine.
  • L'aménagement du site - Yves Colin
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    Yves Colin explique comment étaient aménagées les cabanes du maquis de Durestal. Le sol des abris était creusé afin de conserver l'horizontale, et des lattes de châtaigniers et des fougère y était posées pour former un matelas.
  • La ferme de Durestal - André Moreau
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    André Moreau parle du rôle joué par les fermiers qui vivaient à proximité du camp, en particulier une femme qui mettait du linge à sa fenêtre selon un code, afin de renseigner les maquisards.
  • La source - Fernand Demay
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    Fernand Demay explique l'importance de la source près du maquis et parle d'une anecdote.
  • Le ravitaillement du maquis - Fernand Demay
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    Fernand Demay explique le rôle de la population rurale dans le ravitaillement du maquis de Durestal. Grâce à elle, la Résistance locale bénéficiait notamment de pommes de terre, de viande et de vin.
  • Des abattages clandestins - Fernand Demay
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    Fernand Demay parle des abattages clandestins de bétail qu'il réalisait pour le compte du camp de Durestal.
  • L'instruction militaire - Camille Dogneton
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    Camille Dogneton évoque la vie militaire du camp, notamment l'instruction menée par l'officier Yougoslave Savo Lubojevic. Il s'agissait essentiellement du maniement des armes.
  • La sécurité du camp - Camille Dogneton
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    Camille Dogneton parle des gardes, relevées toutes les quatre heures, pour assurer la surveillance des accès du camp.
  • L'armurerie - Yves Colin
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    Yves Colin parle de l'armurerie installée dans une cabane du camp. Il explique qu'un armurier était affecté à l'entretien et à la réparation des armes.
  • La prison - Yves Colin
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    Yves Colin explique qu'une prison avait été aménagée dans le camp : elle était simplement constituée d'un toit et de fils de fer barbelés.
  • Un parachutage - Jean-Paul Seret-Mangold
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    Jean-Paul Seret-Mangold parle du message pour un parachutage : Peter Lake (dit Jean-Pierre) choisit "garde-à-vous Turenne". Et c'est sur ce message que le parachutage de l'instructeur Marc Gerschel (dit capitaine Marc) fut annoncé.
  • Les véhicules du camp - Yves Colin
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    Yves Colin explique que le camp de Durestal disposait de véhicules et d'un service auto. Il y avait une voiture "Licorne", une fourgonnette, une bétaillère et un camion, cachés dans le camp.
  • Une installation téléphonique - Yves Colin
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    Yves Colin parle avec humour de l'installation d'une ligne téléphonique. Peu efficace, elle était installée entre le PC, le magasin et l'armurerie.
  • Le repli - Yves Colin
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    Yves Colin parle de l'opération menée contre le maquis de Durestal par les GMR (Groupes mobiles de réserve), au mois d'octobre 1943. Après négociation, l'attaque fut annulée, mais les hommes du maquis étaient sommés de quitter les lieux. Ils choisirent alors le camp du Tauriac (commune de Saint-Germain-du-Salembre).