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Souvenirs de l'Occupation - Marie-Josèphe Devaux

Le témoignage

Marie-Josèphe Devaux - Témoignage intégral
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Marie-Josèphe Deveaux est née dans le département de la Seine-Maritime en 1933, dans une famille de quatre enfants. Ses parents, d’origine Belge, ont reçu la naturalisation française puis se sont installés en Normandie où ils sont agriculteurs. À la fin des années 1930, la chute des cours des céréales poussent la famille Pauwelÿn à s'installer en Dordogne. En effet, ses parents choisissent ce département en raison de la disponibilité des terres agricoles et des possibilités de polyculture. Ils arrivent en 1937 à Sencenac-Puy-de-Fourches dans la région d’Agonac (canton de Brantôme).
Marie-Josèphe Deveaux se souvient de l’arrivée des réfugiés du Bas-Rhin dans la commune, ainsi que de leur dénuement. Elle garde aussi le souvenir d’avoir vu des soldats de l’armée française en déroute.
La ferme qu’ils occupent n’étant pas propice à de bonnes activités agricoles, sa famille s’installe en 1941 à Milhac-d’Auberoche. Marie-Josèphe Deveaux évoque les activités de son père qui rejoint Périgueux quasi hebdomadairement pour y vendre les produits de la ferme, et reconnaît-elle pour y pratiquer du marché noir. Il ne sera pas inquiété pour cela, hormis une plainte déposée contre lui que les gendarmes de Saint-Pierre-de-Chignac s’empresseront de classer sans suite. Elle évoque également les travaux clandestins de son père, qui, grâce à un moulin à moteur thermique puis électrique permet aux populations avoisinantes de faire du pain. Elle évoque également les confitures de betterave produites par sa mère pour obtenir du sucre. Sa famille accueille dans la ferme deux jeunes réfractaires au STO, ainsi qu’un Juif, René Furterer, devenu plus tard le spécialiste du soin capillaire.
Elle se souvient des évènements de la fin du mois de mars 1944 dans la commune de Milhac-d’Auberoche, et notamment d’une embuscade du maquis sur la route nationale 89. Dans les derniers jours de mars, certainement avant le 31 mars dit-elle, un accrochage a eu lieu non loin de chez elle : elle a pu entendre les tirs échangés entre une colonne de soldats allemands et des Résistants, au niveau du lieu-dit Lalue. Son père, qui a pu assister de loin au combat lui a indiqué qu’une moto de l’armée allemande aurait fait demi-tour en direction de Périgueux et suppose que l’information de l’attaque a été aussitôt connue. Marie-Josèphe Deveaux fait état d’une corrélation avec les évènements de Rouffignac du 31 mars 1944 : l’incendie du village serait, selon elle, les représailles à cette embuscade. Elle se souvient également que deux personnes juives ont été arrêtées durant cette période.
Elle raconte également la peur pendant ce printemps 1944, le bruit des avions durant la nuit, les passages des maquisards qui viennent se ravitailler et le soin particulier employé par les gendarmes pour éviter les hommes de la Résistance.
Enfin, elle se souvient des prisonniers de guerre allemands qui aidaient au travail de la ferme à la Libération : ils étaient regroupés à Brantôme, où son père se rendait pour les employer de 1945 à 1947.

Nota :
C’est à la lecture de l’ouvrage de Martial Faucon, Les années de guerre et de Résistance. Récits vécus en Thenonnais, Pays d'Ans et alentours que Marie-Josèphe Deveaux a décidé de témoigner, afin de combler des lacunes concernant la commune de Milhac-d’Auberoche.
  • Témoin(s) :
    Devaux Marie-Josèphe En savoir plus

    Marie-Josèphe Deveaux est née Pauwelÿn en Seine-Maritime en 1933. Ses parents, agriculteurs d’origine Belge, ont reçu la naturalisation française puis se sont installés en Normandie. Ils arrivent en Dordogne en 1937 pour améliorer leurs conditions de vie. En 1941 à Milhac-d'Auberoche, elle a vu les maquis se former, l'appui de la population à ces derniers, et la ferme familiale accueillir des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) ainsi qu'un israélite menacé. Elle a assisté, sans en être victime, à la répression du printemps 1944 avant de connaître la libération et l'emploi des prisonniers allemands dans les fermes.

  • Description :

    Entretien réalisé le 3 avril 2009 à Sainte-Orse. Durée : 45 min 59 s

  • Sujet(s) :
    Boulangers, Évacuation, Gendarmerie, Juif, Marché noir, Population rurale, Réfugié de guerre, Sabotage
  • Lieu(x) :
    Agonac, Fossemagne, Milhac-d'Auberoche, Périgueux, Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac, Saint-Antoine-d'Auberoche, Saint-Pierre-de-Chignac
  • Personne(s) citée(s) :
    Ducourier (inconnu), Furterer René, Maillard Jean, Tyburce (inconnu)
  • Cote :
    14 AV 15

Photos

Toutes les pistes audio de ce témoignage

  • Présentation et origines familiales
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    Marie-Josèphe Deveaux explique que ses parents étaient de nationalité Belge. Native de Seine-Maritime elle est arrivée en Dordogne en 1937.
  • La migration de sa famille
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    Marie-Josèphe Deveaux explique les motifs de l'émigration de sa famille, qui s'installe tout d'abord en Normandie. Elle précise les raisons de l'installation ultérieure en Dordogne (la crise agricole des années 1930). Le choix d'une exploitation à Agonac en premier lieu.
  • Souvenirs de 1939-1940
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    Elle se souvient de l'arrivée des réfugiés alsaciens et strasbourgeois dans les campagnes périgourdines après leur évacuation. L'accueil de réfugiés parisiens. La démobilisation de son père et le souvenir de soldats français en déroute.
  • La ferme de Milhac-d'Auberoche
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    Elle fait le récit de l'installation de sa famille à Milhac-d'Auberoche en 1941.
  • Le marché noir
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    Elle parle des livraisons effectuées par le père de Marie-Josèphe Devaux pour un hôtel de Périgueux. Une lettre de dénonciation de son père et la clémence des gendarmes de Saint-Pierre-de-Chignac.
  • Les personnes accueillies par sa famille sous l'Occupation
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    Marie-Josèphe Deveaux évoque René Furterer, israélite qui louait une partie de la ferme pour se cacher, puis l'accueil de réfractaires au Service du travail obligatoire. Évocation de Jean Maillard, jeune clandestin parisien et futur résistant et d'Henri Meunier et Ducourier.
  • Le boulanger de Saint-Antoine-d'Auberoche
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    Elle parle du boulanger de Saint-Antoine-d'Auberoche et de son père qui convoyait de la farine nuitamment.
  • Les israélites, la rafle du 31 mars 1944
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    Elle parle des Juifs de la commune et de ses souvenirs de la rafle du 31 mars 1944. Précisions quant à René Furterer.
  • Un accrochage avec le maquis sur la route nationale n°89, l'incendie de Rouffignac
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    Elle fait le récit d'un accrochage entre la Résistance et l'occupant au lieu-dit la Lue, le 29 ou le 30 mars 1944. Le rôle supposé d'une moto de l'armée allemande. L'incendie de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac le 31 mars 1944 serait une opération de représailles selon Marie-Josèphe Deveaux, qui évoque ses souvenirs de l'évènement.
  • Ses peurs d'enfant et le souvenir d'une rafle à Saint-Antoine-d'Auberoche
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    Elle évoque la crainte des convois allemands circulant sur la route nationale 89, et l'irruption de soldats allemands chez des voisins. Une rafle à Saint-Antoine-d'Auberoche.
  • Souvenirs du maquis
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    Elle se souvient de l'accueil et du ravitaillement des maquisards dans la ferme familiale.
  • Avions et parachutages
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    Marie-Josèphe Deveaux se souvient de passages d'avions au printemps 1944 et de parachutages. Elle fait le récit d'une anecdote au sujet d'un parachute sur un toit de ferme, et de la complicité de la gendarmerie.
  • Le moulin et le blé
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    Marie-Josèphe Devaux explique l'importance du moulin à blé de la ferme.
  • Maquis, sabotages et souvenirs d'Italiens fusillés
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    Elle parle des maquisards présents dans la région et les sabotages à la gare de Milhac-d'Auberoche. Informations au sujet d'un couple d'Italiens fusillés par des résistants.
  • la Libération et l'emploi des prisonniers allemands
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    Elle se souvient de la Libération et de l'arrivée de prisonniers allemands employés aux travaux de la ferme familiale, de 1945 à 1947.