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Un légal du groupe FTPF Gabrielli - André Danède

Le témoignage

André Danède - Témoignage intégral
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André Danède est né le 7 octobre 1921 à Agonac. Enfant naturel, il a été élevé par sa mère et son grand-père, installés à Cornille où ils sont domestiques agricoles dans la propriété du marquis de Boisseuilh. Quelques temps après la mort de son grand-père, sa mère s’installe au village des Piles (commune de Cornille) où elle est employée de maison. En 1934, après son certificat d’études André Danède devient ouvrier forestier : à l’âge de 14 ans il est débardeur, puis en 1936 il travaille à la forêt de Lanmary. En 1942 il intègre les Chantiers de jeunesse à Saint-Pé-de-Bigorre (Hautes Pyrénées). À son retour en septembre 1942 il reprend son ancien métier. Afin d’échapper au Service du travail obligatoire (STO), il doit produire une carte de travail que lui refuse le maire de Cornille. Il se tourne alors vers M. Chateauraynaud de Sorges, membre de la Résistance, qui lui a obtenu de faux papiers.
Par l’intermédiaire de Damis, puis « l’ancêtre » (Gaston Naboulet), André Danède entre dans la Résistance en juin 1943, comme « légal » (non clandestin) dans les FTP, groupe Gabrieli. En mars 1944 il est en contact avec un dénommé Martin, Résistant, mais agent en contact avec la Gestapo. Repéré par « l’ancêtre », André Danède est chargé d’informer le groupe Gabrieli du danger. Il évoque le souvenir de Valentine Bussière, agent de liaison exceptionnel des FTP. Il décrit ce qu’est une « boîte à lettre » de la Résistance : une maison amie où des messages sont laissés pour les différents groupes. Aux Piles, lors de l’accrochage entre la Résistance et l’occupant en juin 1944, André Danède est à bord d’un véhicule qui se trouve sous le feu. Il parvient à s’échapper et à transporter un blessé mais le village subit l’assaut : 14 personnes trouvent la mort, dont Valentine Bussière. Il cite les personnes fusillées, dont les membres d’une famille juive.
André Danède participe à l’organisation de trois parachutages dans la région de Cornille. Il décrit le balisage des pistes, les messages et l’heure de passage des avions : quel que soit le message, les avions passaient systématiquement le jour dit entre 22 heures et minuit. Les parachutages contiennent des explosifs et des armes, mais elles sont en nombre insuffisant. C’est pour cela que certains sont équipés de fusils de chasse, dont l’efficacité demeure relative.
Fin juin 1944 il signe son engagement pour la durée de la guerre et participe à la libération de Périgueux, Angoulême, Poitiers, La Rochelle puis à l’occupation en Allemagne. Engagé dans le 108e Régiment d’infanterie FFI il décrit les combats du front de La Rochelle : mieux armés que dans le maquis, les hommes sont en mesure de combattre les troupes allemandes repliées. André Danède souligne les conditions précaires de la vie quotidienne au front, notamment la situation sanitaire (infestation de poux, gale) et évoque son rôle en Allemagne (surveillance des prisonniers).
Démobilisé, il revient à la vie civile, reprend son métier de forestier jusqu’en 1949, et devient ouvrier dans les travaux publics puis chef de chantier jusqu’à sa retraite en 1980.
  • Témoin(s) :
    Danède André En savoir plus

    André Danède est né en 1921 à Agonac. Il est ouvrier forestier dès 1934, et à la déclaration de guerre il n'est pas mobilisé. Requis par les Chantiers de jeunesse en 1942, il est concerné par le service du travail obligatoire (STO) à son retour en Dordogne. Avec de faux papiers il parvient à y échapper et devient en juin 1943 un résistant légal du groupe Gabrielli des Francs-tireurs et partisans (FTPF). Il se trouve pris dans le combat des Piles en juin 1944, puis participe à la libération de Périgueux et Angoulême avant d'être dirigé sur le front de l'Atlantique avec le 108e régiment d'infanterie. En Allemagne il est affecté à la garde de prisonniers, puis est démobilisé.

  • Description :

    Entretien réalisé le 29 avril 2009 à Cornille. Durée : 1 h 04 min 55 s

  • Sujet(s) :
    108e régiment d'infanterie, Armée secrète (AS), Arrestation, Autorité d'occupation, Avion, Chantier de la jeunesse, Chasse, Clandestinité, Équipement matériel, Gabrielli, groupe (FTPF), Geheime Staatspolizei (Gestapo), Gendarmerie, Juif, Maquis, Milice française, Parachutage, Ravitaillement, Renseignement
  • Lieu(x) :
    Antonne-et-Trigonant, Cornille, Saint-Pé-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), Sorges
  • Evénement(s) :
    Collaboration (1940-1944), Libération (1944-1945)
  • Personne(s) citée(s) :
    Blanchou Jean Dolet, Bussière Valentine, Chateauraynaud Léon, Damis Maurice, Doumen (inconnu), Leclerc Philippe de Hauteclocque, Naboulet Gaston (dit l'Ancêtre)
  • Cote :
    14 AV 21

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  • Présentation
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    André Danède parle de ses origines familiales à Agonac puis Cornille, de la profession de sa mère. Il parle de sa scolarité jusqu'en 1934 suivie de son métier d'ouvrier forestier.
  • Synthèse de son parcours sous l'occupation
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    Il est incorporé aux Chantiers de jeunesse n° 30 en 1942 à Saint-Pé-de-Bigorre (Hautes Pyrénées). Pour échapper au Service du travail obligatoire (STO), il obtient une carte de travail avec la complicité de Doumen et Chateauraynaud de Sorges. Il entre dans la Résistance en juin 1943 en qualité de légal. Il définit la nature d'un légal. Puis il s'engage dans l'armée française de juin à septembre 1945.
  • Une infiltration ennemie dans le groupe (mars 1944)
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    Après l'infiltration de Martin, agent de la Gestapo, en mars 1944, Gaston Naboulet parvient à échapper à un piège. Le groupe Gabrielli est informé par André Danède de la trahison.
  • Gaston Naboulet, Valentine Bussière, les légaux et les boîtes aux lettres
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    Évocation de deux figures locales de la Résistance (Gaston Naboulet et Valentine Bussière). Un exemple de camouflage de documents, définition d'une boîte aux lettres de la Résistance. André Danède précise les fonctions de Gaston Naboulet et nomme les sept légaux d'Antonne.
  • Premiers maquis dans la région de Sorges
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    Évocation du fils Damis qui le met en contact avec les premiers résistants de la région en juin 1943. L'armement du maquis est récupéré par la famille Bussière dans une carrière de Sorges, qui a servi de refuge aux maquisards et de stand de tir. Nature et provenance de cet armement (un stock caché de l'armée française).
  • Le 12 juin 1944 aux Piles : l'assaut des troupes d'occupation
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    André Danède fait le récit de l'attaque du village des Piles et des atrocités commises par les troupes d'occupation le 12 juin 1944. Le rôle d'une personne suspecte, les treize fusillés dont les membres d'une famille juive. L'action d'André Danède lors de l'accrochage avec des blindés allemands, et le retour vers Sorges après avoir porté secours à un maquisard blessé. Précisions sur l'entrée en résistance d'André Danède.
  • Les missions d'André Danède dans le groupe FTP Gabrielli
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    André Danède, résistant légal au groupe Francs-tireurs et partisans Gabrielli, décrit ses missions : renseignement, ravitaillement et renfort des groupes. Il parle de la composition et du commandement du groupe Gabrielli. Il parle de l'attaque avortée de la gendarmerie de Nontron.
  • Martin, agent de la Gestapo
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    Il parle du rôle de Martin, dirigeant du groupe Gabrielli et informateur de la Gestapo. Sa découverte, son arrestation et les conséquences pour les groupes de résistance.
  • Les parachutages (lieux, organisation) et les stratégies des mouvements
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    André Danède assiste à trois parachutages en 1944. Il fait le récit d'un parachute oublié au sommet d'un pin. L'organisation avec les messages, le passage de l'avion, la préparation des feux. La concurrence entre l'Armée secrète (AS) et les Francs-tireurs et partisans (FTP) pour l'équipement en armes. Les différences stratégiques entre Armée secrète et Francs-tireurs et partisans.
  • Nature de l'armement des Résistants
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    L'utilisation et l'efficacité du fusil de chasse dans la guérilla. Qualité du pistolet mitrailleur britannique Sten et de l'armement américain.
  • Les parachutages : la distribution
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    André Danède décrit le contenu des parachutages, leur organisation et la distribution.
  • Après le débarquement, puis sur le front de l'Atlantique
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    André Danède décrit ses activités après le débarquement allié de Normandie, puis sur le front de l'Atlantique. Il parle des conditions sanitaires et de l'âpreté des combats, de la qualité de l'armement. Il décrit un combat où une patrouille allemande est interceptée. Il évoque l'expérience de la Résistance sur le front.
  • De La Rochelle à l'occupation de l'Allemagne
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    Avec le 108e régiment d'infanterie André Danède assure la garde d'un camp de prisonniers en Rhénanie. La relation avec les prisonniers. Une inspection du général Leclerc de Hauteclocque à l'infirmerie.
  • Démobilisation
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    Il parle de sa démobilisation en septembre 1945 et de son retour à la vie civile.
  • Souvenirs d'un contrôle de la Milice et de personnalités
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    André Danède évoque des menaces qui ont pesé sur lui en 1943 lors d'un contrôle de la Milice. Il souligne le rôle de la famille Doumen. Il évoque Chateauraynaud et Dolet-Blanchou pour son rôle dans la Résistance en Dordogne nord. Une affaire d'ossements retrouvés en 1949.