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Le groupe AS Loiseau - Émile Durand

Le témoignage

Émile Durand - Témoignage intégral
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Émile Durand est né le 27 mars 1927 à Bouniagues (canton d’Issigeac). Ses parents travaillaient avant la guerre dans une tuilerie de la région de Bouniagues et achètent une briqueterie au Fleix alors qu’Émile Durand a six ans. Dès huit ans il a travaillé avec ses parents dans cette usine.
Il ne souvient pas de discussions politiques au sein de sa famille, mais l’ascension au pouvoir d’Hitler a profondément troublé sa famille.
Son père est engagé dans la Résistance gaulliste car il est en contact avec Londres. Mais Émile Durand ne peut préciser son groupe d’appartenance. Adolescent, il ne connaissait pas les activités de son père jusqu’à une visite de soldats Allemands souhaitant acheter du bois. C’est à ce moment-là qu’Émile Durand a pris connaissance du rôle de son père, qui cachait le contenu d’un parachutage dans un four désaffecté de la briqueterie. Il s’agissait de trois cents kilogrammes d’explosifs et d’une centaine d’armes.
Après le débarquement, c’est sous l’impulsion d’un instituteur de la région, dont Émile Durand ne se souvient pas du nom, qu’il devient agent de liaison pour le groupe Loiseau de l’Armée secrète. Il précise également qu’un colonel d’origine belge avait des responsabilités dans la Résistance. Il évoque une mission de liaison dans une ferme (famille Sergenton) alors que des soldats Allemands étaient venus demander de la nourriture. Il est ensuite en mission en Lot et Garonne sous la couverture d’un agent d’assurance pour assurer la communication entre les groupes de la Résistance. Il relate comment deux personnes suspectes ont essayé de s’infiltrer dans le maquis par son intermédiaire. Puis il explique l’une de ses missions, consistant à livrer un message relatif aux avions de surveillance des maquis décollant de Roumagnières (Bergerac). C’est à cette occasion qu’il est arrêté par une patrouille, sans être inquiété. Il explique comment il cachait les messages écrits dans le tube supportant la selle de son vélo. Puis il relate une rencontre avec une jeune fille arrêtée par la Résistance, suspecte de collaboration.
Enfin, il indique qu’à la libération il s’est rendu en mission à Bordeaux lors de la visite du général de Gaulle. Rapidement libéré, il est entré dans la vie professionnelle à la briqueterie familiale.
  • Témoin(s) :
    Durand Émile En savoir plus

    Émile Durand est né en 1927 à Bouniagues (canton d'Issigeac). Ses parents travaillaient dans une tuilerie avant d'acquérir la briqueterie du Fleix dans les années 1930. Sous l'occupation, alors que son père est engagé dans un mouvement gaulliste de Résistance, Émile Durand devient agent de liaison du groupe Loiseau (Armée secrète), par l'entremise d'un instituteur de la région. Après le 6 juin 1944 il effectue de nombreuses missions pour la Résistance, ainsi que des opérations de sabotage. Âgé de dix-sept ans à la libération du département, il reprend ses activités dans l'usine familiale du Fleix.

  • Description :

    Entretien réalisé le 7 septembre 2009 au Fleix. Durée : 1 h 7 min 43 s

  • Sujet(s) :
    Autorité d'occupation, Avion, Forces alliées, Loiseau, groupe (Armée secrète), Maquis, Population rurale, Ravitaillement
  • Lieu(x) :
    Bergerac, Bouniagues, Eymet, Fleix, le
  • Personne(s) citée(s) :
    Armbruster Paul, Sergenton (inconnu)
  • Cote :
    14 AV 57

Photos

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  • Présentation
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    Émile Durand est né en 1927 à Bouniagues (canton d'Issigeac). Ses parents se sont installés au Fleix pour acheter une usine de fabrication de briques, alors qu'il avait six ans. Il explique qu'il a travaillé très jeune à cette briqueterie. Puis il présente brièvement l'engagement de son père et lui-même dans la Résistance.
  • La briqueterie familiale
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    Il évoque la tuilerie de Bouniagues, puis celle du Fleix, acquise par ses parents avant la Seconde guerre mondiale. Il explique y avoir travaillé très jeune, notamment pour l'agrandissement des bâtiments. À la Libération il y a travaillé avec son épouse durant une quarantaine d'années.
  • Vie politique et événements internationaux dans les années 1930
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    Émile Durand explique qu'il n'y avait pas de discussions politiques dans sa famille. L'actualité internationale des années 1930 n'était pas suivie particulièrement jusqu'à l'accession d'Hitler au pouvoir en Allemagne. Il explique que cela a produit de l'inquiétude dans sa famille, qui envisage la possibilité d'une guerre.
  • Souvenirs de la déclaration de guerre et de la défaite de 1940
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    Émile Durand précise que son père n'a pas été mobilisé, et rappelle que lors de la campagne de mai-juin 1940 des hommes de la commune du Fleix ont perdu la vie au front.
  • L'entrée en Résistance
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    Il se souvient qu'un instituteur de la région du Fleix lui a demandé de mener des actions. Il évoque également la présence d'un colonel belge qui travaillait pour la Résistance. Émile Durand parle de l'une de ses premières missions de liaison : il devait se rendre dans la ferme de la famille Sergenton, alors que des soldats allemands étaient venus demander de la nourriture. Il explique comment il a pu s'extirper de cette situation délicate.
  • Récit d'une mission à proximité du Lot-et-Garonne
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    L'instituteur avec qui il est en relation lui demande de se rendre dans le sud du département pour assurer la communication entre les groupes de la Résistance. Assisté d'une femme et sous la couverture d'un cabinet d'agent d'assurance il effectue de nombreux déplacements. Il relate comment deux personnes suspectes ont essayé de s'infiltrer dans le maquis par son intermédiaire, et comment il les a livrés à la gendarmerie, acquise à la Résistance.
  • Une mission de liaison en rapport avec l'aérodrome de Bergerac
    En savoir plus
    Il décrit la livraison d'un message important qu'on lui confie, dont il comprendra plus tard qu'il concernait les avions de surveillance décollant de l'aérodrome de Roumagnières (Bergerac). À cette occasion, il est contrôlé par une patrouille, sans être inquiété. Il évoque brièvement le repli des troupes d'occupations après la libération de Bergerac et le combats qui suivirent.
  • Évocation de l'instituteur qui l'a incité à entrer en Résistance et de Loiseau
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    Émile Durand évoque brièvement l'instituteur qui lui a permis de s'engager dans la Résistance, et dont il ne se souvient pas du nom. Il évoque également Loiseau qui a donné son nom au groupe de l'Armée secrète. Il apporte des précisions quant à ses missions d'agent de liaison, qui débutent après le débarquement des Alliés en Normandie.
  • Découverte du rôle de son père dans la Résistance
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    Il fait le récit de l'arrivée chez lui de soldats allemands souhaitant acheter du bois. C'est alors qu'Émile Durand prend connaissance du rôle de son père, qui cachait le contenu d'un parachutage dans un four désaffecté de la briqueterie.
  • Paul Armbruster (CND Castille), puis souvenirs du débarquement
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    Il parle du père de Jean-Luc Armbruster qui transportait des papiers pour la Résistance : il convoyait des documents de la Suisse vers l'Angleterre. Il évoque ensuite les visées de l'Allemagne sur l'Angleterre et le débarquement des Alliés.
  • Activités résistantes de son père
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    Émile Durand précise qu'avant le printemps 1944, lors de l'irruption de soldats allemands chez lui pour acheter du bois, il ne connaissait pas les activités de résistance de son père. Il précise toutefois qu'il savait que ce dernier était en contact avec Londres. Il précise que le contenu du parachutage avait été caché dans un four désaffecté de la briqueterie et qu'il s'agissait de trois-cents kilogrammes d'explosifs et d'une centaine d'armes.
  • Ses missions à compter du 6 juin 1944
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    Il apporte des précisions quant à ses missions, qui ont débuté après le 6 juin 1944. Il transportait des messages écrits, dont il ne connaissait pas la teneur et qu'il cachait dans le tube de la selle de son vélo. Il parle du danger lors de ses déplacements. Il revient sur ses missions sous couverture d'un cabinet d'assurance et précise qu'il était installé à Eymet. Il était donc en mesure de localiser les maquis de la région d'Eymet, jusqu'en Lot-et-Garonne.
  • Maquis et population rurale
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    Il parle des conditions de vie des maquisards dans les bois, et de l'aide de la population rurale pour le ravitaillement. Il parle de la complicité de la population d'Eymet qui se doutait probablement de l'activité réelle de ce cabinet d'assurance fictif.
  • Une personne suspectée de collaboration
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    Émile Durand explique comment on lui a demandé d'interroger une jeune fille suspectée d'être en relation avec l'occupant.
  • Autour de la libération de Bergerac
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    Émile Durand n'a pas participé à la libération de Bergerac mais indique qu'il y a eu des sabotages. Il explique comment il a procédé à des sabotages de voie ferrée.
  • Le général de Gaulle à Bordeaux
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    Il indique qu'après la libération de la Dordogne il s'est rendu à Bordeaux lors de la visite du général de Gaulle.
  • Après la Libération
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    Après la libération du département, ses missions de liaison n'étant plus nécessaires, il revient à la vie civile. Il parle de la rencontre avec sa future épouse, et de son appel en 1947 dans un régiment de chars, auquel il échappe. Il parle également de son père et du travail familial à l'usine de briques.