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Des Jeunesses communistes aux FTPF - Lucien Cournil

Le témoignage

Lucien Cournil - Témoignage intégral
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Lucien Cournil est né en 1926 et vivait à Saint-Lazare (canton de Terrasson) dans une famille de trois enfants. Son père, ouvrier verrier à la verrerie de Brardville était un militant de la SFIO, ancien combattant de la première guerre mondiale. Après avoir travaillé dans différentes verreries de la région bordelaise, et après plusieurs conflits sociaux, il s’était installé à Saint-Lazare. C’est ici que la famille Cournil s’est nouée d’amitié avec la famille de Roger Ranoux, également originaire de Saint-Lazare. Lucien Cournil se souvient du père de Roger Ranoux, militant au Parti Communiste, qu’il écoutait avec passion et intérêt lors des rencontres des deux familles. Lucien Cournil dresse le portrait de monsieur Ranoux père, ancien de la cavalerie lors de la première guerre mondiale : il fait état de ses talents d’orateur, de conteur et de militant politique. C’est sous son impulsion que le père de Lucien Cournil adhère dans les années 1938-39 au Parti Communiste.
Lucien Cournil décrit le travail harassant des ouvriers verriers, et les conditions sociales de la verrerie de Brardville : les enfants (« les gamins ») y connaissaient un travail pénible, encadré par les adultes. Lui-même y a travaillé à l’âge de neuf ans, comme beaucoup d’enfants de verriers. Lucien Cournil souhaitait devenir boucher, mais au moment de son apprentissage la guerre a éclaté.
À l’âge de 14 ans, en 1940, il adhère aux Jeunesses communistes, puis progressivement, des missions d’encadrement de la jeunesse lui sont confiées. Son travail de militant politique consiste à acquérir les jeunes à la cause de la lutte armée des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), organe armé clandestin du PCF. Devenu apprenti coiffeur au Lardin, il distribue également des journaux pour le compte de son patron, et glisse parfois des exemplaires du journal Combat.
Le 9 mars 1944, lors d’une opération de propagande nocturne au Lardin, il est blessé dans un accrochage éclair avec la Milice. Touché à la jambe, il est ramené chez lui puis soigné à Clairvivre (commune de Salagnac) dans le service du professeur Fontaine. Évacué fin mars 1944 en raison du passage de la division Brehmer, il est caché dans une ferme à Villac pendant plusieurs semaines. Il continue son activité politique grâce à un agent de liaison, une femme qui parcourt la région à bicyclette.
Son frère, Jean Cournil, est engagé quant à lui dans le groupe de l’Armée Secrète du docteur Daunois, attaqué et mis en déroute le 31 mars 1944 dans la région de Salignac. Jean parvient à fuir mais choisit de se rendre au Service du Travail Obligatoire en Allemagne. Il en reviendra atteint de la tuberculose et mourra en 1946. Le plus jeune de ses frères mourra également des suites d’une méningite en 1944.
À la Libération, Lucien Cournil est soigné à Périgueux, puis est engagé quelques mois dans les nouvelles jeunesses communistes et voyage en France et à l’étranger (Yougoslavie).
Puis Lucien Cournil revient sur l’organisation politique du PCF dans la clandestinité et y précise son rôle, ainsi que l’organisation en cellules de trois personnes : c’est selon lui, ce principe de sécurité qui a permis au PCF et aux FTPF d’être efficaces dans la clandestinité.
  • Témoin(s) :
    Cournil Lucien En savoir plus

    Lucien Cournil est né en 1926 dans une famille d'ouvriers. Son père, verrier, a établi sa famille à Saint-Lazare (Le Lardin-Saint-Lazare) où des liens d'amitiés se nouent avec leur voisin, Alexandre Ranoux. Lucien Cournil adhère aux Jeunesses communistes en 1942, et ses missions consistent à préparer la jeunesse en vue de la lutte armée. En mars 1944, lors d'une opération nocturne de propagande qui est surprise, il est blessé à la jambe. Évacué à l'hôpital de Clairivvre, il est caché à Villac où il continue son travail grâce à son agent de liaison, Suzanne Fleurence. À la Libération, il voyage en France et à l'étranger en raison des ses responsabilités à l'Union de la jeunesse républicaine de France, et aux Jeunesses communistes reconstituées. Puis il devient journaliste, jusqu'à sa retraite.

  • Description :

    Entretien réalisé le 27 mars 2009 au Lardin-Saint-Lazare. Durée : 1 h 04 min 20 s

  • Sujet(s) :
    Armée secrète (AS), Brehmer, division, Clandestinité, Dujarric, groupe (Armée secrète), Francs-tireurs et partisans français (FTPF), Gendarmerie, Milice française, Militant politique, Mouvement des jeunes communistes de France, Mouvement ouvrier, Parti communiste, Propagande, Sampaix Lucien, groupe (FTPF), Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF)
  • Lieu(x) :
    Auriac-du-Périgord, Beauregard-de-Terrasson, Brardville (commune du Lardin-Saint-Lazare), Brive (Corrèze), Claivivre (commune de Salagnac), Condat-sur-Vézère, Lardin-Saint-Lazare, le, Saint-Lazare (commune du Lardin-Saint-Lazare), Salagnac, Valojoulx, Villac, Yougoslavie
  • Evénement(s) :
    Collaboration (1940-1944), Libération (1944-1945)
  • Personne(s) citée(s) :
    Aymerie Jacques, Boudy Jacques (dit Caque), Charpentier Jean, Chouet René, Cournil Jean, Cournil René, Daunois Pierre (dit Toubib, dit Pierrot), Denoix Adolphe, Fleurence Suzanne, Hamand Fernand (dit Zambo), Juillat Roger, Lacombe Raymond, Ranoux Alexandre, Ranoux Guy (dit Mickey), Ranoux Roger (dit Hercule), Salon Paul, Vremmont Marcel
  • Cote :
    14 AV 11

Photos

Toutes les pistes audio de ce témoignage

  • Présentation de Lucien Cournil et sa famille
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    Lucien Cournil est né dans une famille ouvrière de trois enfants. Son père était ouvrier verrier, ancien combattant de la Première guerre mondiale. Lucien Cournil présente son engagement politique précoce, au sein des Jeunesses communistes. Il précise que sa famille était anti-pétainiste.
  • Premières missions de Résistance en 1942
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    Il parle de son engagement dans la résistance en 1942 avec un groupe de jeunes gens, dont Marcel Vremmont, Roger Juillat et Jacques Aymerie (un jeune parisien). Les objectifs : la préparation de la jeunesse à la Résistance. Il évoque son adhésion aux Jeunesses communistes à l'âge de quatorze ans, l'adhésion de son père à la SFIO, puis plus tard avec sa mère au parti communiste, sous l'impulsion du père de Roger Ranoux.
  • La famille Ranoux, des voisins
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    Il parle des talents de conteur d'Alexandre Ranoux (père de Roger Ranoux) de son engagement politique, de ses récits de la Première guerre mondiale et de son charisme, qui l'incitent à s'intéresser à la vie politique.
  • La verrerie de Brardville
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    Il se souvient des conditions de travail à la verrerie de Brardville (commune du Lardin Saint-Lazare), et du travail des enfants. Il évoque les mouvements de grève des verriers et son apprentissage professionnel.
  • Propagande, Milice et Armée secrète
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    Il explique ses missions de propagande et ses premières responsabilités dans la Résistance. Il présente les circonstances de sa blessure, le 9 mars 1944 lors d'une opération au Lardin. Il parle de son frère, Jean Cournil et de son ami René Cournil. Après sa blessure, il relate l'évacuation vers l'hôpital de Clairvivre (commune de Salagnac). Il évoque Denoix, chef de la Milice. Il précise ses relations avec le docteur Pierre Daunois chef d'un groupe de l'Armée secrète.
  • Formation du maquis AS Dujarric et départ de son frère pour l'Allemagne
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    Il évoque le départ de son frère pour l'Allemagne après l'attaque de son groupe de résistants, le maquis Maurice Dujarric (Armée secrète), par la division Brehmer. La naissance du groupe Maurice Dujarric à Beauregard-de-Terrasson. Le rôle de Paul Salon, Jacques Boudy, Raymond Lacombe. La distribution du journal Combat. Un gendarme de la brigade de Terrasson informe Lucien Cournil qu'il est surveillé.
  • Après sa blessure (9 mars 1944)
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    Il reçoit ses ordres de Jean Charpentier, ou de Jo, Gilbert, Azur, ou Renée (agent de liaison interrégionale) et se cache à Villac. Là, il est en relation avec un détachement du groupe Francs-tireurs et partisans (FTP) Lucien Sampaix. Il souligne le travail de son agent de liaison, Suzanne Fleurence. Son transfert par les FTP vers une infirmerie clandestine à Valojoulx par Mickey (Guy Ranoux). Puis il s'installe au château d'Auriac-du-Périgord. À la Libération, il est à nouveau hospitalisé.
  • Parcours après la Libération : engagement politique et journalisme
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    Par l'intermédiaire de Charpentier il travaille au service civique de la jeunesse à Paris, puis au ministère du travail. Il dirige des chantiers de reconstruction. Délégué de l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF), il est désigné pour se rendre en Yougoslavie sur les chantiers internationaux de la jeunesse en Bosnie-Herzgovine. Il évoque les divergences entre les Partis communistes français et yougoslave, ainsi que le Titisme. À son retour en France, il suit les cours de plusieurs écoles de cadres du parti communiste, puis est élu en Dordogne à la direction de la jeunesse, aux cotés de René Chouet. Puis il devient journaliste aux Nouvelles de Bordeaux et du Sud-ouest, et à l'Écho du centre.
  • Ses deux frères, dont Jean, engagé au maquis AS Dujarric
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    Il évoque ses deux frères, la Résistance de Jean au maquis AS Maurice Dujarric et les raisons de son départ pour le Service du travail obligatoire (STO).
  • Le soutien de ses parents dans la Résistance et sa vie professionnelle
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    Il souligne le soutien de ses parents dans ses activités résistantes puis politiques.
  • Organisation et sécurité au sein des FTPF
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    Il explique l'organisation clandestine par groupe de trois personnes. Il livre un contre exemple : la mauvaise organisation du maquis Maurice Dujarric aux effectifs trop nombreux et dans un camp mal choisi. Définition d'un résistant légal et la multiplicité des formes d'actions clandestines.
  • Son rôle dans les jeunesses communistes clandestines
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    Lucien Cournil explique que ses missions au sein des Jeunesses communistes clandestines consistaient en la préparation politique, en vue de la lutte armée.