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Lexique

Armée secrète (AS)

Mouvement fondé à l'automne 1942, avec la fusion des mouvements Combat, Franc-tireur et Libération-sud. Cette organisation est essentiellement (mais pas exclusivement) gaulliste.

BBC (British broadcasting corporation)

Radio de service public britannique créée en 1922 qui, à partir de 1940, prend un rôle majeur pour les Français avec l'appel célèbre du général de Gaulle le 18 juin, puis avec son émission "les Français parlent aux Français". La BBC, ou radio-Londres, devient une arme de guerre avec la diffusion de l'information et de messages pour la Résistance intérieure. Cet outil a ainsi contribué largement à l'action de la Résistance et à maintenir un lien entre les Français.

Buckmaster (réseaux)

Maurice Buckmaster (1902-1992) est un officier de renseignement britannique qui dirigea la section F (française) du SOE. Cette section parachutes des hommes et du matériel sur le terrain afin d’organiser le renseignement ainsi que des opérations de sabotage. Le territoire français est recouvert de réseaux, tel Wheelwright pour le sud-ouest.

Bureau central de renseignement et d'action (BCRA)

Le 1er juillet 1940 le capitaine André Dewavrin, dit Passy, crée le 2e bureau de l'État-major du général de Gaulle afin de répondre aux besoins de renseignements de la France libre. En avril 1941, le 2e bureau est rebaptisé Service de renseignements (SR) et comporte une section Action. puis une section Évasions et Contre-espionnage seront créées. Le SR travaille en accord avec le SOE, et, en janvier 1942 devient le Bureau central de renseignement et d'action militaire (BCRAM). Au cours de 1942, il prend le nom de Bureau central de renseignement et d'action (BCRA), assurant également des missions politiques.

Chantiers de la jeunesse française

Les Chantiers de la jeunesse sont institués par le régime de Vichy le 30 juillet 1940, et se substituent  au service militaire supprimé par la convention d’armistice. En effet, la France ne possède alors plus qu’une armée dite d’armistice ne comptant que 100 à 120 000 hommes. Dirigés par le général de la Porte du Theil, les Chantiers encadrent les jeunes hommes âgés de 20 ans pour une durée de six mois, puis huit à partir de 1941, dans des camps où ils effectuaient des travaux d’intérêt général. Les Chantiers de jeunesse sont le moyen pour le régime de  diffuser ses valeurs, en particulier la Révolution nationale.

Combat

Mouvement de Résistance qui nait de la fusion de Liberté et Libération nationale en novembre 1941, et qui prend le nom du journal Combat. Il est essentiellement implanté en zone sud. En janvier 1943, il fusionne avec Franc-tireur et Libération-Sud pour former les Mouvements unis de Résistance (MUR).

Comités départementaux de Libération (CDL)

Les Comités départementaux de Libération sont constitués dès 1943 pour certains, et sont organisés sur le modèle du Conseil national de la Résistance (CNR) : ils sont composés des différents mouvements de résistance, puis des partis et syndicats. Leur rôle était d'assurer la Libération, l'épuration et la continuité des services publics, mais aussi de remplacer les institutions de Vichy dans un cadre légal.

Comité français de Libération nationale (CFLN)

Le CFLN naît le 3 juin 1943 à Alger du rapprochement de la France libre du général de Gaulle et du général Giraud, "commandant en chef civil et militaire" pour l'Afrique du nord dans le but d'unifier l'effort de guerre et préparer la libération nationale. Le 3 juin 1944, le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).

Confrérie Notre-Dame (CND)

Réseau de renseignement de la France libre créé en juillet 1940. Le 2e bureau de l'État-major du général de Gaulle (futur BCRA) charge le colonel Rémy (Gilbert Renault) de créer un réseau en zone occupée, actif sur l'ouest de la France. Plusieurs antennes fonctionnent rapidement, dont une en Dordogne, organisée dès l'été 1940 par Louis de la Bardonnie. Elle collecte et transmet des renseignements à Londres, notamment sur le port de Bordeaux. Le réseau prendra le nom de Confrérie Notre-Dame au début de 1942, et constitue une des organisations de renseignement les plus efficaces au sein du BCRA.

Conseil national de la Résistance (CNR)

Le Conseil de la Résistance a été constitué en mai 1943 par Jean Moulin, sur instruction du général de Gaulle, afin d'unifier la Résistance au plan politique comme au plan organisationnel. Il avait également comme objectif d'assoir la légitimité des forces résistantes françaises auprès des Alliés.  À sa première réunion le 27 mai 1943, il comptait dix-sept membres issus des mouvements de Résistance, des partis politiques et des syndicats. Il prend le nom de Conseil national de la Résistance à partir de l'automne 1943.

Démarcation (ligne de)

Fixée par l'armistice de juin 1940, elle sépare la France en deux zones sur 1200 kilomètres, de la frontière suisse à la frontière espagnole. Elle traverse treize départements, dont la Dordogne. Une autorisation est nécessaire afin de la franchir, mais de nombreux réfugiés, prisonniers évadés ou encore résistants la franchissent clandestinement. En novembre 1942, après l'invasion de l'Afrique du nord par les Alliés, la zone dite libre est occupée par les troupes allemandes. Le 1er mars 1943, la ligne de démarcation est officiellement supprimée.

Forces françaises de l'intérieur (FFI)

Les Forces française de l’intérieur sont nées le 29 décembre 1943. Elles rassemblent les Francs-tireurs et partisans français, l’Armée secrète puis l’Organisation de la Résistance de l’armée. Chaque mouvement de Résistance conserve son indépendance, mais l'intégration assure l'unification des commandements, que ce soit à l'échelon départemental, régional ou national.

Forces françaises libres (FFL)

Les FFL, créées à l'été 1940, sont composées d'hommes et de femmes qui ont rallié le général de Gaulle à Londres. L'emblème des FFL est la croix de Lorraine, choisie par l'amiral Muselier. Au 31 juillet 1943, on compte plus de 60 000 Français libres.

Franc-tireur

Mouvement de Résistance né à Lyon en 1941. Il fait paraître un journal clandestin du même nom (Le Franc-tireur), et fusionne avec Combat et Libération-Sud pour former les Mouvements unis de Résistance en janvier 1943.

Francs-tireurs et partisans français (FTPF)

Les FTPF sont un mouvement de Résistance issu du Parti communiste français. Formés au printemps 1942, ils rassemblent les trois formations armées constituées en 1941 (Organisation spéciale, Bataillons de jeunesse et Main d'œuvre immigrée).

Francs-tireurs et partisans de la Main d'œuvre immigrée (FTP-MOI)

Avec la création des FTPF en avril 1942, est décidée de constituer une branche de la Main d'œuvre immigrée en région parisienne. Ils se distingueront dans la guérilla urbaine à Paris mais aussi à Toulouse, où les FTP-MOI sont dirigés par Marcel Langer.

Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)

Le GPRF constitue l'organe de gouvernement de la France du 3 juin 1944 jusqu'au 27 octobre 1946, promulgation de la Quatrième République. Le Gouvernement provisoire de la République française se substitue au Comité français de Libération nationale (CFLN) alors qu'un débarquement allié est imminent : le GPRF s'impose face aux Alliés qui niaient au CFLN tout caractère de gouvernement, et envisageaient d'intégrer la France dans l'AMGOT (Allied military governement of occupied territories). Cela signifiait que la France aurait été placée sous l'autorité d' un gouvernement militaire allié.

Groupes mobiles de réserve (GMR)

La création des Groupes mobiles de réserve, par un décret du gouvernement de Vichy du 23 avril 1941, s'inscrit dans un ensemble législatif instituant une police nationale. En effet, avant les lois de 1941, les polices étaient placées sous autorité locale. Les GMR étaient alors une force mobile de maintien de l'ordre mise à disposition des préfets régionaux et préfets, ce qui avait pour effet de raccourcir la chaîne de décision et d'intervention. Ceci fut mis à profit par les autorités lors de l'utilisation des GMR pour lutter contre "les bandes armées". En Dordogne, le GMR "Périgord" est installé à Périgueux à la fin de l'année 1941. À la Libération, le Gouvernement provisoire de la République Française dissout les GMR, par décret du 8 décembre 1944, et crée les Compagnies républicaines de sécurité (CRS).

Jedburgh

Opération alliée qui avait pour objectif de coordonner les actions militaires après le débarquement du 6 juin 1944 en France et Hollande. Les missions Jedburgh – du nom d’une ville d’Ecosse – étaient constituées de trois officiers parachutés derrière les lignes ennemies entre juin et septembre 1944. En France quatre-vingt-treize équipes ont été parachutées afin de d'appuyer la Résistance.

Légion française des combattants

La Légion française des combattants est la fusion de toutes les associations d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale, voulue par le maréchal Pétain et fondée par la loi du 29 août 1940. Le but de la légion est d'entraider et rassembler les anciens combattants afin de les associer au projet de la Révolution nationale.

Libération-Sud

Mouvement de Résistance qui nait à l'automne 1940 autour d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie à Clermont-Ferrand. Le journal clandestin Libération, qui paraît en juillet 1941 en est l'émanation. Le mouvement fusionne avec Combat et Franc-tireur pour former les Mouvements unis de Résistance en janvier 1943.

Milice française

La milice française est un unité paramilitaire créée le 30 janvier 1943 par le régime de Vichy afin de lutter contre la Résistance. Cette police supplétive était également une arme de répression utilisée contre les Juifs, les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) et les appuis de la Résistance dans la population. La milice française est le produit du Service d'ordre légionnaire (SOL) de Joseph Darnand, qui devient son secrétaire général.

Mouvements unis de Résistance (MUR)

Les Mouvements unis de Résistance naissent de la fusion supervisée par Jean Moulin en janvier 1943 des trois mouvements non communistes de zone sud : Combat, Franc-tireur et Libération sud.

Organisation de Résistance de l'armée (ORA)

Organisation d'officiers et sous-officiers de l'armée française qui, après l'armistice de juin 1940, se prépare clandestinement (cache d'armes et de matériel notamment) à une revanche militaire. D'abord désignée sous le nom d'Organisation métropolitaine de l'Armée (OMA), l'ORA prend son nom au printemps 1944 et compte de nombreux démobilisés de l'armée d'armistice, dissoute en novembre 1942. L'ORA a été active en Dordogne mais aussi, de manière moins connue, son entreprise de camouflage du matériel (CDM).

Plans d’action de la Libération

Au printemps 1944 des plans d’actions sont créés pour être mis en œuvre lors du débarquement allié. Ces plans sont établis par le BCRA (Bureau central de renseignement et d’action), le SOE (Special operations executive) et l’état-major interallié. Quatre plans de sabotage sont prévus :

  • Plan vert : sabotage des voies ferrées.
  • Plan violet : sabotage des lignes téléphoniques.
  • Plan bleu : lignes à haute tension alimentant les voies ferrées et les zones côtières.
  • Plan tortue, puis Bibendum : sabotage des principales voies de communication routière.
  • Plan rouge : guérilla dans des zones de réduits (Massif central, Alpes, Vosges, Jura, Pyrénées, Morvan).
Relève

Dispositif mis en place par le régime de Vichy afin de répondre à la demande de main-d’œuvre de l’Allemagne. Fondé sur le volontariat, la Relève était un échange d’ouvriers contre le retour de prisonniers Français. Devant son échec, le Service du travail obligatoire (STO) est institué en février 1943.

Résistance-Fer

Réseau formé dès l’été 1942 autour de l’organisation du noyautage des administrations publiques (NAP) d’Henry Frenay. Tout d’abord réseau de renseignement (mouvements et transports, effet des bombardements), NAP-fer devint une organisation de sabotage déterminante pour l’élaboration du plan vert (voir plans d’action).

Résistants légaux

Membres d’une organisation de Résistance qui n’ont pas été contraints d’entrer dans la clandestinité. Ils poursuivent leur activité professionnelle et rendent des services à la Résistance (renseignements, appuis lors d’opérations nocturnes par exemple).

Révolution nationale

La Révolution nationale est le programme politique mis en place par l'État français du maréchal Pétain. Ce programme, fondé sur le conservatisme et l'autorité, était organisé autour de la volonté de rompre avec les principes républicains et la société industrielle. La famille, le terroir et les corps de métiers sont les trois caractères de cette politique de retour à l'ordre d'Ancien Régime. Vichy instaure alors un ordre moral qui repose sur l’Église, la famille et l’encadrement de la jeunesse par l’éducation. Le point d’appui de cette politique ultra-conservatrice est le monde rural et paysan, symbole de l’âge d’or de la France de l’Ancien Régime.

Service d'ordre légionnaire (SOL)

Le Service d'ordre légionnaire est fondé en août 1941 par Joseph Darnand, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, dans son département (Alpes Maritimes). Le SOL s'étend fin 1941 à la zone dite libre et à l'Afrique du nord. Cette organisation s'inscrivait dans la Révolution nationale du maréchal Pétain, et prônait notamment la collaboration avec l'occupant, la lutte contre le gaullisme et la démocratie. Le SOL formera le socle de la milice française.

Service du travail obligatoire (STO)

Instauré par la loi du 16 février 1943, le STO contraint les jeunes français de vingt à vingt-deux ans au travail obligatoire au profit de l'Allemagne. Le STO succède à la Relève, fondée sur le volontariat, qui prévoyait le retour d’un prisonnier pour trois ouvriers. Ce fut un échec qui conduisit au travail obligatoire en février 1943. Le STO va profondément bouleverser les mouvements de Résistance qui accueilleront les réfractaires, plongés dans la clandestinité.

Special air service (SAS)

Force spéciale fondée durant la Seconde guerre mondiale par le major David Stirling de la Layforce (parachutistes britanniques) qui met en œuvre une idée redoutable : constituer de petits groupes armés et très entraînés, dont la particularité est le parachutage, permettant l’infiltration derrière les lignes. La 1ère Compagnie de chasseurs parachutistes du capitaine Bergé (France libre), basée à Damas, rejoint les premiers SAS en Egypte au mois de janvier 1942. Cette compagnie devient le 3e squadron SAS, appelé également « free French squadron ».

Special operations executive (SOE)

Le SOE, ou Service des opérations spéciales, était un service secret britannique fondé dès juillet 1940 sur l’initiative de Winston Churchill pour développer des opérations subversives dans les territoires occupés d’Europe : renseignement, sabotages, et déstabilisation.

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